Légendes de Paris : Les mystères des catacombes

Les légendes de Paris ! À eux seuls, ces mots fascinent et font frémir. Ils fleurent le mystère, le secret et le fantasme. Mais que savons-nous les concernant ? Quasiment rien. Chaque ville a ses mythes et légendes, mais à Paris les légendes font partie intégrante de l’histoire de la ville. En effet, chaque ruelle, quartier ou monument est chargé de mythes et légendes plus ou moins folkloriques.

Fréquemment recyclées et déformées par l’histoire, elles sont cependant arrivées jusqu’à nous et font même le beurre de certains éditeurs.

Les mystères des catacombes de Paris

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Si les Parisiens savent que leur ville est un gruyère, beaucoup préfèrent l’occulter. Mais pourtant notre capitale est posée sur près de 350 kilomètres de galeries souterraines, telle une immense ville sur pilotis. Ce gigantesque réseau labyrinthique, poétiquement (mais abusivement) baptisé catacombes, s’étend en effet sous une grosse partie de la rive gauche (d’Odéon au parc Montsouris) et quelques zones de la rive droite (Montmartre, Belleville et Ménilmontant).

Dès leur création, les Catacombes de Paris suscitèrent la curiosité. En 1787, on sait même que Charles X, y descendit en compagnie de dames de la Cour. L’année suivante, on mentionne dans certains livres la visite de Madame de Polignac et Madame de Guiche. En 1860, Napoléon III y descendit avec son fils !

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Mais quelle est l’origine de ce réseau de galeries souterraines ? La réponse est simple : la pierre. Depuis l’époque gallo-romaine, les Parisiens tirèrent du sol la matière de leurs maisons. Les catacombes de Paris sont donc une partie des anciennes carrières s’étendant sous une grande partie de la ville.

Mais l’appellation de catacombes est abusive. Il s’agit en réalité plus d’un ossuaire. En effet, c’est ici qu’ont été entreposés les ossements de 6 millions de personnes quand les cimetières ont été vidés dès 1786 et les églises fermées.

Aujourd’hui, tout le monde peut visiter les Catacombes dite officielles situées à Denfert-Rochereau. Mais elles ne sont qu’une infime partie des quelque 350 km de galeries que renferment les dessous la capitale… et c’est ici que l’aventure commence. Les catacombes ont leur lot de mystères et une vie parallèle s’y déroule. Pour nous tous, elles font partie de l’imaginaire Parisien, particulièrement depuis les années 70 ou la cataphilie a  atteint son paroxysme. Sachez d’ailleurs qu’en 68 les étudiants s’en servaient pour contourner les CRS, et descendre dans les catacombes était devenu une pratique courante, aussi dangereuse qu’interdite.

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Depuis les années 1980, une identité cataphile s’est développée, et une forme d’art y a pris forme : aménagement et décoration de salles, sculptures  (parfois des villes miniatures entières sont taillées dans la roche, à côté de gargouilles), graphes et fresques. Mais l’augmentation de la fréquentation a cependant son revers. En effet, la police, reçoit des plaintes de cataphiles eux-mêmes qui se sont retrouvés agressés dans les catacombes. Les autorités dotent alors l’Inspection Générale des Carrières de moyens renforcés. En 1981, les Renseignements Généraux infiltrent les groupes de cataphiles pour mieux les connaître. Ils s’aperçoivent qu’il ne s’agit en rien de grand banditisme ou de sectes. Pas de messe noire ou de trafic de drogue. Aucune récupération ou revendication mis à part le cas de quelques militants d’extrême-droite de la faculté d’Assas. Ce qui motive « l’accroc des catas » est une passion pour le patrimoine méconnu.

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A partir des années 90, afin d’éviter les problèmes, la police bétonne les entrées des galeries. Les cataphiles, qui se comptaient par milliers à la fin des années 1970 ne sont plus que 300 au début des années 1990. Ceux qui restent sont passionnés. Il faut en effet contourner les CRS, les accidents et les mauvaises rencontres et éviter la leptospirose (la maladie du rat). La partie la plus intéressante des catacombes s’étend sous le 14e et une partie du 13e arrondissement.

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Mais malheureusement, accéder aux catacombes « non officielles » n’est pas donné à tout le monde : sachez qu’il vous faudra marcher sur des centaines de mètres le dos courbé, une torche à la main. Il faut ramper, se faufiler dans des chatières où l’on peut à peine passer et traverser des galeries parfois inondées où l’eau monte jusqu’à la taille… honnêtement c’est parfois l’enfer… On est à près de 20 mètres sous terre, plus bas encore que le métro et les égouts. Il y fait environ 12 degrés et le silence est roi. C’est une entrée dans un autre monde. On y tombe sur d’anciens abris anti-aériens, d’anciens bunkers allemands, des ossuaires et des fontaines… Certaines salles ont une histoire vieille de plus de deux siècles, à l’exemple de la tombe de Philibert Aspairt, le portier du Val-de-Grâce qui a perdu son chemin dans les souterrains de Paris en 1793.

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Au rang des espaces remarquables, notons la salle Z  et ses voûtes, tournées, consolidées et inspirées de l’art roman. La salle Z est un lieu de prédilection pour les fêtes cataphiles, même si la fréquentation a beaucoup diminué. Un nom qui revient assez souvent également est « la plage ». Il s’agit d’une salle construite depuis une vingtaine d’années et dont le sol est constitué de sable. Enfin, on ne peut descendre dans les catas sans passer par « le château ». Cette grande salle ornée de gargouilles comporte une table ronde cernée par des bancs. Un château fort miniature y a été sculpté et un chandelier en fer forgé se dresse au milieu.

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Pour finir, n’oubliez pas que les catacombes ne se visitent pas comme le premier DisneyLand. Un minimum de repères est nécessaire, pour s’en sortir… vivant ! Et en plus des dangers, c’est illégal aujourd’hui et la police fait des rondes même la nuit.

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